En repartant du lac d'Iznik

[CARNET DE VOYAGE #11] – La Turquie à vélos: sur les rives de la mer Noire

[ La Turquie 🇹🇷 J+139, 5 620 km – Du 30 juin au 31 juillet ]
Notre itinéraire à vélos sur les rives de la mer Noire dans les grandes lignes : Ipsala – Kesan – Lapseki – Biga – Bandirma – Istanbul – Samsun – Trabzon.

En route pour la Turquie !
En route pour la Turquie !

Dès le premier coup de pédale, l’incroyable hospitalité Turque se fait sentir : invitation à boire des litres de çay (à prononcer « tchaye »), à manger, dormir, monter dans un camion, sans compter les nombreux cadeaux… Les sacoches se gonflent aussi vite que nos coeurs (on en devient mielleuses). C’est horrible de gentillesse -recevoir autant n’est pas si facile qu’il n’y parait! Bref, une véritable invitation au lâcher prise et à la lenteur, au rythme de ces multiples rencontres. Et aussi (surtout?) une GROSSE leçon d’hospitalité !

La Turquie à vélos c’est dangereux : à tout moment tu peux tomber dans un guet-apens et te retrouver à boire des litres de thé ! 🫖

Engloutir des litres et des litres de Cay, à toute heure de la journée : on transpire le thé. Et ici, c’est bien plus qu’une boisson, c’est un art -voire une institution. Même au camping les turcs ne partent jamais sans leurs théières et leur feu de bois !

On soulignera que malgré les énormes préjugés et les fausses idées qui circulent sur ce pays, on s’est toujours senties en sécurité en tant que femmes et en tant qu’êtres humains. Bon, évidement il arrive de tomber sur quelques hommes lourds et machos, mais c’est un phénomène assez universel et on ne peut pas dire que ce soit spécifique à ce pays !

Au contraire, on s’est senties à la maison : toujours encouragées sur notre route aux sons des klaxons (qui disent bonjour, bravo ou bon courage), des pouces qui sortent par la fenêtre des véhicules, des grands coucous des passants (ça n’est pas grand chose mais une simple main en l’air qui s’agite, ça redonne des forces et le sourire), des amitiés naissantes et d’une HOSPITALITÉ sans égale : Hasan, sa famille, ses amis, Huseyn, Ahmet, Tunçay, Ethem, Ebru… La liste est infinie. 💙

En revanche, on peut compter sur les doigts d’une main les personnes rencontrées qui parlent anglais ! Point positif : plongées dans le bain on apprend rapidement des mots qui nous permettent d’avoir des échanges basiques ! Des interactions courtes mais efficaces (surtout pour faire sourire les gens) – et merci « Hasan translate » et la technologie pour les détails techniques ! 👨‍🎓

Bon. C’est vrai qu’initialement, on avait prévu de traverser la mer Noire en Ferry depuis Burgas (Bulgarie) pour atteindre Batoumi (Géorgie)⛴️. Mais après une discussion où GG propose d’aller à Istanbul, Anai rétorque que le nom ne l’inspire pas et que, par exemple, Constantinople l’attirerait plus : dans la journée, quelqu’un passe pour remettre les points sur les i de la carte : Constantinople est l’ancien nom d’Istanbul… On n’y coupera donc pas ! Et il semble y avoir un complot géant qui nous pousse vers ce pays.

Nous voilà donc en route vers Istanbul pour l’anniversaire de GG (et Constantinople pour faire plaisir à Anai) où l’on va rester 10 jours (ce n’est pas de trop pour s’immerger dans cette ville gargantuesque de près de 20 millions d’habitants !).

Ah oui, aussi, coup de coeur et petit changement de route : le crochet par Istanbul s’est transformé en traversée du pays (et accessoirement on a économisé près de 500 euros de ferry, une affaire !)💰

Si les gens nous ont poussées vers la Turquie, on ne peut pas en dire autant des forces de la nature. Vent de face interminable où pédaler 40 km par jour nous semble déjà le bout du monde. On osera même l’écrire : avec ce souffle, on a eu FROID le soir !

——-> + de photos de la Turquie par ICI

Frontière Turque. Après une erreur d’aiguillage, arrivée en fanfare par l’autoroute (déserte heureusement). Nous voilà face à l’impressionnante (imposante?) frontière entre la Grèce et la Turquie. Un nouveau cap dans le voyage: les portes de l’Asie s’ouvrent à nous !

Ipsala,Turquie
Ipsala,Turquie: un passage de frontière impressionnant !

Affamées, on s’arrête dans la première station-service-restaurant. S’arrêtent ensuite Savin-français en pèlerinage vers Jerusalem, Jay Huyk/Andy- Sud-Coréen en route vers la Géorgie, et Will-anglais qui fonce vers les pays en -stan ! Assez absurde et hilarante cette réunion de cyclistes dans une station service, au milieu des poids lourds ! On pédale joyeusement sur la nationale, jusqu’à trouver un endroit où bivouaquer ensemble près de Kesan, dans les bois, peut-être un peu trop proches des fermes (les fameux et énormes chiens aux colliers à pics débarquent pour défendre leur territoire dans la minute, puis finissent par changer de camp lorsque qu’Andy fait griller quelques morceaux de viande en plaisantant « on pourrait les manger, ils sont bien en chair et il y a de quoi faire » : on aura eu de sacrés gardes du corps pour la nuit). 🐶

Savin, Andy et notre invité !
Bivouac avec Savin, Andy et nos invités surprises (si, si, regardez bien)

Adatepe. On traverse de vastes étendues agricoles ponctuées de quelques villages. Arrêtées en bord de route devant ce qui semble être l’entrée d’un village, on hésite à se lancer dans le sentier pour aller boire un çay. De là où nous sommes, on ne voit pas de signe de vie humaine. Une mobylette nous double et s’arrête soudainement. « Welcome! Çay ! » On suit alors cet homme sur son scooter qui tient par la magie du « scotch marron » à travers les chemins cahoteux qui mènent au centre du village. Suleman s’éclipse alors quelques minutes puis revient les mains pleines de nourritures qu’il nous tend. Nous voilà au milieu de terrasses d’une cinquantaine d’hommes buvant leur çay en jouant aux cartes. Ils nous observent, un peu curieux. L’attraction commence. Le jeune serveur nous apporte une poignée de cerises (entre 6 ou 7 çay) pendant que Suleman sort son smartphone, pour nous faire écouter de la musique turque. Il se pare ensuite de ses Rayban (rouge pétant) pour nous chanter « Frère Jacques » à merveille ! (D’ailleurs, de nombreux Turcs semblent avoir appris cette chanson à l’école, on aura d’autres belles prestations par la suite 😍 )

Toujours sur la grande route !
Toujours sur la grande route !

Sirinkoy. La route est bien monotone, des champs à perte de vue, les stations services sont un vrai rayon de soleil ! Depuis plusieurs jours, on a le vent de face: 40 km parcourus réels; ressentis : 90. On pédale donc péniblement contre le vent quand soudain une vieille Renault 12 blanche nous fait une queue de poisson et s’arrête juste devant nous, sur NOTRE bande d’arrêt d’urgence. À ce moment-là on se dit que les Turcs sont VRAIMENT très polis, les gars s’arrêtent même pour faire coucou ! Hasan et Husein descendent de la voiture et nous font signe de venir vers eux. Hasan parle anglais, il explique que des voisins l’ont appelé car on devait forcément le chercher ! Il nous propose de venir chez lui à 1 km pour prendre une douche et y passer la nuit ! Wahou. Quelle hospitalité ! On accepte volontiers, en écoutant notre instinct : on peut leur faire confiance ! Et c’est parti, on les suit. Hasan nous ouvre sa maison et nous montre la douche puis il s’en va : « take rest, do whatever you want, see you ».

🏍️ Hasan est un passionné de voyages à moto, il a déjà voyagé dans de nombreux pays et lorsqu’il ne voyage pas il aime accueillir des voyageurs chez lui où il vit avec sa femme et sa fille ! Huseyn, lui, ne parle pas anglais, mais on se comprend quand même. Le lendemain, tout s’enchaine ! Après un copieux petit-déjeuner turque préparé par la femme d’Hasan, on propose notre aide. Nous voilà tous les 3 en train de bricoler pour terminer la nouvelle porte du poulailler (Hasan plaisante : une nouvelle porte de poulailler c’est des points de gagnés envers sa femme pour partir plus longtemps à moto). Bon, on a surtout enlevé les clous des palettes pour en récupérer de belles planches (oui, ici pas besoin d’être un bobo pour faire du « upcycling » 😅 ). Une fois la porte terminée et fixée, il nous dépose à la maison et nous dit que dans 10 minutes nous irons manger chez sa soeur avec sa femme et sa fille (aucune d’entre elles ne parle anglais), pendant que lui va voir un ami. Nous voilà entre femmes, autour d’une table bien garnie. On ne se comprend pas très bien, mais on mange royalement ! Après le repas, la soeur d’Hasan se glisse entre nous deux dans le canapé, sort son smartphone et nous présente toute sa famille à travers les photos. Parfois, il n’y a même pas besoin de mots ! De retour à la maison, Hasan nous explique que des amis vont venir ce soir pour nous rencontrer. On attise leur curiosité, mais surtout dans les traditions, lorsque quelqu’un a des invités, tout le monde est prévenu et passe à la maison !

Il raconte notre rencontre et interroge chaque nouvelle personne qui se joint au repas : « une voiture s’arrête devant vous, deux hommes en sortent et vous proposent de dormir chez eux, vous dîtes quoi ? » Tous s’exclament: « NON, je dis non, bien sûr que non ! » En fin d’après midi, Hasan nous montre son atelier (un sacré bricoleur) et ses motos avec chacune leur histoire. Il insiste un peu pour nous faire essayer l’une d’entre elles. Après quelques essais sur le sentier, on se ferait presque avoir : ça irait quand même beaucoup plus vite qu’en vélo ! Après deux belles soirées, on quitte notre famille d’adoption (le coeur très lourd et le vent de face) en espérant les revoir très vite sur la route, en France ou en Turquie ! ❤️

Hassan, sa femme et Tony à Şirinköy. Notre famille Turque !
Avec Hasan, sa femme et Tony à Şirinköy. Notre famille Turque !

Istanbul. Une pause dans un bain de foule de 20 millions d’habitants et au moins autant de chats. On a connu plus reposant ! On a profité de la ville pour faire l’entretien des vélos, trouver des patchs pour réparer la tente, envoyer par la poste 7 kg d’affaires d’hiver vers l’Inde (ironiquement, c’est à ce moment qu’il a commencé à faire froid la nuit – oui, oui, FROID !).

Se déplacer dans une ville de cette ampleur, ça prend du temps ! Des navettes permettent de traverser le Bosphore et ainsi de relier la rive européenne et asiatique en une vingtaine de minutes. Istanbul aura été pour nous un drôle d’espace-temps où l’on ne s’est pas vraiment senties en Turquie. Même si cette ville regorge de trésors à découvrir, quel plaisir de quitter l’euphorie citadine pour se remettre en route ! On préfère définitivement les grands espaces !

Agia Sofia
Agia Sofia

Hammam. On s’est dit qu’on allait profiter de notre « repos » pour aller au Hammam ! Quoi de mieux qu’un peu de douceur pour se détendre les muscles après tous ces kilomètres ! Après avoir sué dans la pièce avoisinant les 50° et les 100% d’humidité, on nous aiguille dans un recoin, de type placard à balais, déjà occupé par 3 imposantes dames en slip-claquettes-seins-à-l-air qui sirotent une limonade. L’espace de 2 secondes, on s’est demandé si on était dans la bonne pièce. Ayant senti notre pas hésitant et notre regard probablement éberlué, toutes se sont mises à rire de bon coeur ! C’est parti, allongées chacune sur une sorte de table en marbre, on se fait savonner, frotter, gommer, retourner, plier, déplier, assoir, coucher: chaque millimètre de peau y passe ! Une chose est certaine, ça faisait bien longtemps qu’on n’avait pas été si propres ! Par contre, pour la pause douceur, c’était pas le bon endroit ! 🤪

Kapakli-Narlija. Vent d’hospitalité Turque dès le matin. On se réveille dans un camping au bord de l’eau. À peine sorties de la tente, les yeux encore embués, nos voisins de tente nous apportent le petit-dej et le çay. S’il y a bien quelque chose avec lequel les turcs ne rigolent pas c’est le camping : ils sont comme à la maison: vaisselles, tasses de çay par dizaines avec leurs coupelles, plateaux, bidons d’eau, théière, tables et chaises… Avant de partir, deux enfants courent vers nous pour nous apporter des dessins remplis d’amour et de talent. Vers 11h, on se met enfin en route, le vent de face, la journée s’annonce rude. On s’arrête tous les 10 km (petit plaisir coupable) dans les stations services. En fin de journée, on arrive enfin vers un lac par une petite route agréable. Bon, pas évident de trouver un endroit où planter la tente entre toutous cachés dans les oliviers, pentes et fermes. On descend un sentier un peu raide pour se rapprocher des berges. Après quelques mètres, un quad nous re-double (on l’avait croisé dans le village précédent). Le couple descend, nous fait de grands coucous et nous fait signe de venir boire un çay dans leur magnifique jardin face au lac. Et comme on ne plaisante pas avec le çay, ils allument un feu de bois pour l’occasion. Tunçay arrive à son tour. C’est le moment du saucisson. Personne ne parle anglais, on essaye de comprendre le turc et on baragouine, mais les quiproquos sont parfois magiques. Alors que GG pensait avoir compris comment dire « saucisson » en turc, elle répète gaiement « Domus super ! » Fou rire général ! « Domus », ça veut dire cochon, et ils nous expliquaient en réalité que ce saucisson n’était justement pas à base de porc !

On ne plaisante pas avec le Çay !
On ne plaisante pas avec le Çay !

Blague à part, on finit par demander à nos nouveaux amis s’ils savent où l’on peut planter la tente pour ce soir. Ils nous conduisent à quelques mètres d’ici, sur une plage. On installe tous ensemble notre tente. Amet, leur ami et propriétaire de la cabane de pêcheurs juste à côté se joint à nous. Voyant que l’on vient d’enfiler un pull car le soleil s’est couvert, Amet nous dit de ne pas dormir dans la tente et nous propose de passer la nuit dans la cabane, au chaud ! (Comme toujours, les turcs sont parés pour « se mettre bien, partout » : deux canapés ornent la pièce -on trouve d’ailleurs sur les routes et bords de lac des canapés/fauteuils/balancelles partout où il peut être agréable de s’asseoir / attendre). L’hospitalité turque à encore frappé ! Ils partent un moment puis reviennent avec du Raki et des chips. On passe une soirée très chouette avec nos nouveaux copains pêcheurs. On arrive à se comprendre grâce aux gestes et avec l’aide du traducteur ! Le lendemain matin, Amet débarque avec son tracteur. Une fois certain que nous sommes réveillées, il vient nous voir et nous apporte des légumes du jardin. Il nous prépare aussi une délicieuse mixture à base de pourpier, huile d’olive et yaourt ! On finit par se remettre en route difficilement -il nous a proposé de rester une nuit de plus !

Vue depuis la cabane d'Ahmet
Vue depuis la cabane d’Ahmet

Cakesli. Les routes sont agréables, bordées d’oliviers et de pêchers, on longe le lac avant d’arriver à Iznik. Une petite ville au patrimoine très riche que nos amis pêcheurs nous ont vivement recommandée ! En fin de journée, nous voilà face à un second lac très utilisé pour l’irrigation des cultures. Pause çay dans un restaurant, puis on demande au gérant, Ethem s’il connait un endroit où nous pouvons camper aux abords du lac. Ethem a appris le français à l’école (il y a bien longtemps), il a les yeux qui pétillent quand on lui dit qu’on est françaises ! Il nous invite à planter la tente sur la magnifique pelouse de son restaurant sur laquelle on n’ose à peine marcher ! On s’amuse à transposer la situation en France, si l’on campait entre les tables d’une terrasse de restaurant (ouvert), sur une pelouse digne du Stade de France). On passe une très bonne soirée en sa compagnie avant de repartir le lendemain pour Sakarya où l’on décide de prendre un bus de nuit pour Samsun (le 1er bus du voyage!) !

Lac de Çerkeşli - Avec Ethem
Lac de Çerkeşli – Avec Ethem – P’tit déj à la turc

On nous avait pourtant proposé de faire la night dans la ville d’Adapazari. Mais le traducteur du téléphone que l’homme nous agitait indiquant « est-ce que tu crois au coup de foudre » a fini de nous convaincre de chercher la station « d’Otogar ». On s’épargne ainsi quelques kilomètres de poids lourds, et aussi on préserve un peu la cuisse d’Anai qui fait des siennes ! Drôle de sensation, entre frustration de ne pas être libres de gambader et de s’arrêter où l’on veut et satisfaction de faire un pas de géant avec une facilité déconcertante : même pas besoin de démonter les bicyclettes dans la soute! 🚌

Samsun. Ça y est, nous voilà face à la mer Noire ! On fait la rencontre d’Hamed, musicien passionné iranien sur la route depuis 4 ans ! Il joue du Santûr pour le plus grand plaisir des personnes qui ont la chance de l’écouter ! Il nous offre deux oreilles sculptées dans le bois en pendentifs : « pour écouter son coeur ».

Ahmed, musicien iranien sur la route avec son Santur
Ahmed, musicien iranien sur la route avec son Santur

Un ou deux kilomètres plus loin, on s’arrête pour manger. Une femme se propose de faire la traduction : elle parle incroyablement anglais. Elle nous explique qu’elle est turque mais qu’elle habite depuis plusieurs années à Toronto. Elle déjeune avec son père, instituteur. Tous deux vérifient scrupuleusement que les serveurs n’essaient pas de nous arnaquer. Mais contre toute attente, le gérant, le sourire jusqu’aux oreilles, n’arrête pas de nous offrir des choses; visiblement, c’est la première fois que des touristes s’arrêtent dans son restaurant et il est aux anges. La discussion devient technique lorsque le père d’Ebru (qui ne parle pas anglais) se lance dans des règles grammaticales et étymologiques de la langue turque. Vaillamment, elle nous traduit l’ensemble, et c’est même très clair ! On progresse ! On peut désormais certifier, par exemple, que le mot « Ekmek » (qui veut dire ‘pain’) est d’origine turque à 100% car il possède une double voyelle. 📚

Les idées claires, on se remet en route sur une 4 voies au trafic intense de camions et de bus. On passe des tunnels, des stations services, des villes balnéaires. On est loin de la petite balade plaisante à vélos. C’est pas loin d’être désagréable et stressant, mais ça fait aussi partie du voyage ! Un peu lassées par tout ce trafic (même si ces paysages entre mer et montagnes de forêts de noisetiers sont très impressionnants), on se dit que c’est « pas loin d’être con » que de pédaler sur une portion comme celle-ci ! Puis de ville en ville, de station service en station service, des sourires et des échanges bienveillants viennent égailler cette traversée monotone et fatigante.

Les stations services, petit coin de paradis !
Les stations services, petits coins de paradis !

Trabzon. Grande ville portuaire entre mer et montagne, destination de vacances privilégiée des touristes des Émirats en recherche de fraicheur et de pluie ! Très gros changement d’ambiance ! On se balade dans un bazar où on finit par craquer pour deux tapis qui nous serviront de matelas dans la tente !

Bienvenue à la maison !
Bienvenue à la maison !

Le monastère d’attrape-couillons. Le monastère de Sumela, un magnifique monastère orthodoxe grec à flanc de falaises situé à 1200 m d’altitude, à 60 km de Trabzon. Haut lieu touristique, on peut comprendre pourquoi ! Pour des raisons pratiques, on décide de laisser les vélos et les sacs à Trabzon et on cherche à poser nos fesses dans un véhicule. Après quelques recherches sur internet, on demande conseil à la réceptionniste de la Guest-House sur le moyen le plus commode de s’y rendre. Après quelques coups de fil, elle nous annonce qu’elle vient de nous dégoter deux places pour se joindre à un groupe, l’occasion unique de consommer trois lieux touristiques en seulement une après-midi pour la modique somme de 60$ ! Prises de panique à l’idée d’être enfermées dans un bus avec un groupe tout ce temps, on décline poliment cette alléchante proposition. On optera finalement pour un taxi, départ 9h le lendemain matin. Après 40 minutes de route, notre chauffeur est contraint de nous laisser devant le parking (en voyant le prix affiché au compteur et le prix annoncé par la réceptionniste, on comprend bien qu’on s’est joliment faites enfler), le reste du voyage doit se faire en navette dédiée. On essaye de monter à pieds, mais les policiers nous font signe d’aller acheter nos tickets. On monte donc dans le minibus pour terminer l’ascension. On visite ce monastère impressionnant et fraichement rénové. Dommage, de là où nous sommes, nous ne pouvons pas admirer son architecture atypique. On s’interrogeait sur la présence éventuelle d’ermites, on a vite eu notre réponse ! Le minibus nous attend. C’est à ce moment que l’on décide de s’échapper pour descendre à pied et profiter de cet environnement naturel, une bouffée d’air ! On repart ensuite à Trabzon de façon bien plus économique : deux hommes nous ont déposées jusqu’à Maçka où nous avons pu prendre une navette pour environ 2 euros… La journée de l’attrape-couillons, il en faut aussi des comme ça ! Pas de regret, ce lieu est magnifique et on est en plein été ! On s’était un peu trop habituées à voyager loin des foules, hors saison ! ☀️

Monastère de Sumela
Monastère de Sumela
Monastère de Sumela
Monastère de Sumela

En continuant de longer la mer Noire et une enfilade de poids lourds arrêtés sur les voies, ce qui devait arriver, arriva : nouveau poste de frontière qui annonce un changement d’ambiance radicale : la Géorgie ! 🇬🇪

On n’a sûrement pas choisi l’itinéraire le plus agréable à vélos mais ça valait le coup !

Une sacrée claque derrière les oreilles d’ouverture à l’autre. Les maisons accueillent l’invité, l’étranger, le voyageur. La méfiance et les préjugés sont renversés par la théière pleine à craquer et les fauteuils prêts à être dégainés à tout instant.

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Qui dit saison touristique dit traquenards à gogo. Le championnat a commencé.

Traquenards : 1. GG-Anai : 2. Pourvu que ça dure !

Traquenard 1 : Arrivées au port de Bandirma, un taxi nous offre deux çay et nous annonce qu’il n’y a plus de ferry qui traverse jusqu’à Istanbul et ce, pendant 8 mois. Il faut donc faire 200 km de plus dans la journée pour arriver dans notre auberge de jeunesse. Après moultes investigations, beaucoup d’interrogatoires et de confrontations de témoignages : on a un ferry à 16h.

Traquenard 2 : fin de journée, la nuit tombe, un seul espace plat pour planter la tente : une aire de pique-nique/camping sur le bord de la route. On s’arrête. Un chien mécontent nous fait hésiter. Deux gars viennent nous dire (via le téléphone) que l’endroit est plein mais qu’ils peuvent nous emmener un peu plus loin, chez leur pote. On a juste à laisser les vélos là. Méfiantes, pendant qu’Anai distrait l’homme ivre avec une traduction incompréhensible, GG mène l’enquête plus bas. Il y a bien de la place, « Gule gule, bye bye et à ciao bonsoir ».

Traquenard 3 : Le monastère de l’attrape-couillons.

Drapeaux de prières

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