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Les bols chantants Tibétains : mode d’emploi

Depuis qu’on est arrivées à Dharamshala, on retrouve énormément d’éléments, avec un nouveau regard. On s’amuse à questionner les vendeurs indiens qui nous alpaguent. 

On remarque notamment que les bols chantants Tibétains sont légions maintenant -différentes formes, couleurs, motifs. C’est splendide. 
On attarde notre regard un peu trop longtemps. 

L’argumentaire commence. Le bol sonne et remplit vite l’espace. ça vibre, fort. 

Diversité de bols tibétains à Dharamshala

Ceux-là sont très spéciaux, ils ont 12 métaux, vous pouvez voir qu’ils ont été fait un jour de pleine lune.
Ils sont fabriqués au Ladakh, à la main, pendant des jours. 
Vous savez, ils sont fait par des familles réfugiées Tibétaines, 
qui vivent exclusivement de ça
”. 

On entend presque les violons. Ils sont bons, très bons : ça donne envie d’acheter le shop entier. 
Le lendemain on demande à Tashi, la réponse est sans appel : personne ne fabrique de bols au Ladakh ! Peut-être au Népal. 

Qu’importe l’historique réel, l’important c’est d’en faire l’expérience ! 
Les bols chantants Tibétains laissent dans l’air des sons qui ne nous laissent pas indifférentes. 

Comme beaucoup de choses, le son fait partie de ces éléments dont on peut parler longtemps mais dont la vraie nature se dévoile à chacun par la pratique. C’est seulement là que chacun trouve sa propre “voie”.

Parce qu’on a essayé d’éclaircir le mystère, qu’on a mené l’enquête et que le partage nous a semblé pas pire, on vous fait un compte rendu de quoi, comment, où, pourquoi le bol, pas d’bol.

Attention, ça commence !
🥁INTRO !🥁

Longtemps gardés secrets, les bols chantants (aussi connus sous le nom de Bols Tibétains ou Bol Himalayens ou bien encore Bols chantants Népalais) sont des outils thérapeutiques et des objets rituels Tibétains. Ils ont plusieurs usages : soins, méditations, prières, massage sonore, harmonisation des fréquences, nettoyage de l’espace…

L’origine, composition et usage des bols chantants Tibétains (ouais, ça fait sérieux!)

Si c’est pas du Ladakh, d’où viennent les bols chantants Tibétains ?

Franchement, il est hyper difficile d’avoir la certitude de leur origine. 
Personne ne vous dira avoir entendu un bol sonner dans un monastère ou bien un moine en faire l’usage en public. Pourtant, il y en a beaucoup dans les pièces. 
À l’époque, facile d’avoir des bols sans avoir à en justifier l’usage.
« décoratifs » ? «  usage alimentaire »? 

Ok mais dans ce cas, c’est quoi l’intérêt à peaufiner la perfection du son qu’ils produisent?
j’aimerais vraiment que mon bol de muesli me transcende quand je verse mes flocons d’avoine dedans!” 
ça tient moyen la route.  

On raconte que lors de la fuite des Tibétains -après l’invasion chinoise (et la destruction de 90% des monastères du Tibet), très peu de bols ont pu être acheminés (du fait de leur poids -oui, il est franchement lourd le bol de muesli). 
On raconte aussi (mais à voix basse) que les grands maîtres ont su garder la pratique extrêmement secrète. Seuls quelques témoignages attestent de leur excellence dans le domaine sonore (mais c’est sûrement des racontars de personnes jalouses de pas avoir un beau bol pour le p’tit dej!). 

La constitution d’un bol chantant (Tibétain)

Pourquoi c’est si lourd ? Bon. Selon la tradition, les bols chantants sont constitués d’un alliage de 7 métaux et chaque métal représente une planète :

  • L’or pour le soleil
  • L’argent pour la lune
  • Le mercure pour Mercure
  • Le cuivre pour Venus
  • Le fer pour Mars
  • L’étain pour Jupiter
  • Le plomb pour Saturne

En même temps, 7 métaux c’est pas con : ça peut être les 7 merveilles du monde, les 7 péchés capitaux, les 7 jours de la semaine mais surtout, surtout ! Les SEPT CHAKRAS.
(Le bol avec l’alliage de 12 métaux du vendeur, ça en fait du cosmos et un surhomme!)

bols chantants tibétains sur fond de thangka

Puisque si on se dit que chaque métal produit son propre son et ses propres harmonies alors là on comprend bien, d’une part, que plus t’en mets, plus c’est lourd et d’autre part, que ce sont les proportions que tu choisis qui viennent modifier peu ou prou l’incroyable sonorité finale du bol -celle, un peu cosmique donc, qui te scotche sur place. 

Maintenant ? On trouve de tout : Certains sont constitués de 5 métaux, d’autres de 12. 

Les tailles, les couleurs, les épaisseurs et même les formes varient.

La méthode de fabrication d’un bol chantant Tibétain 

On s’est pas dit “tiens, si on en faisait un?”. 
Mais ça reste intéressant de regarder un peu comment ils procèdent, “au Ladakh” !
Première étape : Fusion des métaux (avec plus ou moins de ci et plus ou moins de ça donc). 
Ensuite : Tu verses le liquide sur une pierre plate pour refroidir et former une sorte d’assiette. 
Puis tu la retravailles un peu avec un marteau pour lui donner la forme du bol que t’as envie de voir tous les matins. 

Pour terminer tu peux ajouter des décorations (étoiles, points, anneaux, calendrier lunaire -précisant les meilleurs jours pour utiliser le bol…), inscriptions (propriétaire, commanditaire…), colorations (vernis) en fonction du sens/propriété/fonction deeps que le bol a.

Leur usage ? Un bol pour manger, bien sûr

bol de céréales sur fond jaune flash

En vérité, l’excuse du bol pour le p’tit déj est pas entièrement fausse. 
Il y a fort fort longtemps, dans un endroit fort fort lointain, les bols pouvaient être utilisés comme « supplément » en minéraux, notamment pour les femmes enceintes : pour pallier aux carences (en fer principalement). Il était donc vraiment recommandé de manger dans les bols pendant un mois. (Ces bols étaient bien entendu spécifiques à cet usage.)

Bols himalayens dans un magasin à Dharamshala, Inde du Nord

Le son, la base du bol chantant Tibétain

Bon. Pour comprendre un peu comment “fonctionne” les bols chantants Tibétains, il faut revenir sur quelques notions : celles du son (rapidement hein, on va pas faire un mémoire). 

Le son c’est un phénomène 3D

Le son, c’est une vibration dans l’espace. 
Tu peux voir les effets en surface avec, par exemple, les expériences et photographies assez cools de Hans Jenny et Chladni et la version moderne en musique ci-dessous. 


Vu comme ça, tu peux te dire que c’est « plat » mais la vibration est en 3D : tu peux l’observer facilement avec de l’eau (ou sur la vidéo de Nigel Stanford) : si tu remplis ton bol et que tu le fais vibrer, tu peux le voir se diriger dans toutes les directions. 
Tu peux essayer avec plus ou moins d’eau et voir les différents motifs qui se créent naturellement. 

Le son, ça peut modifier ton état de conscience

Il y a des choses qui sont tellement évidentes et quotidiennes qu’on les oublie : le son transporte avec lui des éléments qui ont une action directe sur l’être vivant : même sans mot il peut apporter du bien-être comme de la tension. Les animaux émettent des sons pour s’attirer, se rassurer, se repousser… 

Ton corps lui-même produit du son : la respiration, le rythme cardiaque, la digestion… 

Dans tous les mythes de création du monde, le son est reconnu comme la source de toutes les choses : visibles et invisibles. Chaque élément créé possède son son et chaque élément créé émet sa propre musique. C’est comme ça, c’est dans la/sa nature. 

Bien sûr, l’Homme, qui fait partie de cet ensemble, a souvent cherché à être en connexion avec ces éléments. 

> C’est comme ça que le shaman, ou bien le soufi par exemple, utilise le son/ la musique pour entrer en transe et communiquer avec tous les éléments (si on fait un gros raccourci).

Le son ça peut avoir un usage thérapeutique

Bon, ça c’est pas un secret mais il y a un nombre fou de personnes qui ressentent leur esprit « touché » lorsqu’ils écoutent un bol chantant Tibétain (une fois que tu en entends sonner un, tu “comprends”).
C’est un peu comme si le son apportait un sentiment d’espace gigantesque et de profonde paix intérieure. C’est assez indescriptible. 
Si on regarde un peu le côté “physique”, avec un bol chantant, c’est possible de « sentir » l’air vibrer et de comprendre ce qu’est une fréquence sonore; c’est un peu comme prendre un bain de son. ça nettoie.  

En fait, les vibrations créées par le bol se transmettent au corps (constitué à 65% d’eau) et viennent « masser » les cellules. 
On retrouve le même principe chez les physiothérapies avec les massages à ultrasons. 

Si on généralise, chaque humain vibre sur sa propre fréquence. Et parfois ça grésille sévère. C’est dans ce genre de moment qu’il peut être cool de s’harmoniser. En étant stimulé par les fortes vibrations du bol, le corps devient capable de se « réaccorder » sur sa propre fréquence.  

Les différentes fréquences émises par le cerveau

En regardant comment fonctionne le cerveau, tu te rends compte qu’il a plusieurs phases de fonctionnement et chacune d’elle émet une onde différente.

  • Les ondes Beta : “activités normales”, quand tu manges tes pates
  • Les ondes Alpha : “état méditatif et conscience calme, relaxation profonde”, quand tu médites vraiment fort
  • Les ondes Theta : “demi-sommeil/veille”, quand tu somnoles et que tu commences à faire des rêves trop stylés
  • Les ondes Delta : “sommeil profond” quand même un tremblement de terre de magnitude 9,5 te réveille pas

> L’effet des bols chantants Tibétains ?
ça amène ton cerveau à émettre des ondes alpha AKA être profondément relax. 

Quelques conseils pour la pratique du bol chantant Tibétain (mais en vrai, vous faîtes bien comme vous voulez !)

Bols chantants tibétains vus du dessus

Choisir son bol

Choisir son bol c’est écouter celui qui « résonne », celui qui te touche.
Pour le savoir, il n’y a pas mille options : il faut l’essayer/le faire sonner : rapprocher le de toi et écoute ton corps : s’il y a un truc que tu sens pas, un feeling négatif, ça t’indique franchement que ce n’est pas ton bol -et inversement. 

Faire chanter son bol 

Pour commencer il faut tenir ton bâton / maillet un peu comme un stylo, pour bien l’avoir en main. 
Frappe doucement la paroi du bol avec ton bâton pour donner une impulsion et enchaîne immédiatement avec le mouvement de rotation autour de ton bol : tu dois frotter la paroi haute du bol à l’extérieur. 
Le plus important est de mettre dans ton mouvement de la force plus que de la vitesse : tu peux tourner lentement en exerçant une forte pression, le volume sonore devrait continuer et la vibration s’intensifier.

Bon, ça demande un peu de pratique, mais une fois que tu as le geste, c’est facile ! 
Tu peux aussi simplement le faire sonner en frappant un coup et laisser le son se propager !

Comment faire chanter son bol tibétain

Écouter

Assieds-toi confortablement, tiens ton bol dans la paume de ta main, et fais le sonner. 
Ferme les yeux et écoute.
Les différentes variations, tonalités, motifs.
Écoute avec tes oreilles mais aussi et surtout avec ton corps. 
Écoute les vibrations sonores. Rapproche plus ou moins le bol de toi. 

Tu as remarqué ? Même lorsque le son est en apparence terminé, il continue d’être « entendu » par ton oreille interne. 

Observer

Lorsque tu frappes sur ton bol, tu peux clairement distinguer les vibrations de son contour : pose ton regard dessus. 
En fait, plus tu entres dans le son, plus tu perçois clairement les vibrations. 
Certains disent même qu’avec l’expérience, tu peux commencer à visionner les formes géométriques du son dans l’air; sans passer par un autre moyen (comme l’eau par exemple -cf un peu plus haut). Mais bon, là ça commence à être déjà de la haute voltige !

Diversité de bols tibétains à Dharamshala

Ressentir

Pour ressentir le son, tu peux positionner le bol sur (ou près de) différentes parties de ton corps; déjà dans ta main, tu peux sentir la vibration qui se propage à travers. 
Tu peux différencier les sensations en fonction de l’endroit où tu poses le bol : c’est plus ou moins fluide, plus ou moins fort. Écarte-le puis rapproche-le. Concentre-toi sur l’effet du son sur ton corps, respire.

Ne pas avoir d’attente (ça c’est la conclusion, enfin)

Ne réfléchis pas trop, n’aies pas d’attente : l’essentiel c’est de s’amuser, d’expérimenter et de ressentir -sans obligation et sans limite.

Et on finira par une évidence, d’une banalité qu’on tend à oublier : 

Les plus grandes découvertes se font lorsqu’on en attend rien.

Drapeaux de prières

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